loseyou

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La p'tite Nine elle est bien triste. Elle a de la peine, une peine de coeur. De celles sourdes  et profondes qui débordent par les yeux...Mais quoi lui dire, hein?

Il la faisait rêver, elle n'attendait rien de mieux...Tout en attention, en délicatesse, il l'avait dévoré des yeux, une fois! Et puis l'avait croqué, une autre fois! Et il était rassasié. Plus faim. Alors que Nine, elle en avait de l'appétit...Oh, pas un appétit d'ogresse, non. Ni un appétit de moineau. Juste un appétit de jolies choses, de complicité, de caresses et de tendresse. Nine elle voulait juste ce qu'il lui offrait, pas plus.

Et puis par le courriel d'un soir, elle apprend de but en blanc qu'il ne veut plus la voir. La douleur est vive, incisive et tranchante. Encore plus, parce qu'il lui dit que ce fut :" magique et unique, comme dans un mirage", mais que justement, il souhaita que celà reste UNIQUE. Il achevait lentement Nine, qui avait le coeur à vif, en exprimant qu'il était riche de leur rencontre, que cette décision lui appartenait, et qu'elle ne devait y voir aucun rejet de sa part...Que devait-elle y voir d'autre, alors?

Nine me regardait, elle pleurait, silencieuse. Elle essayait de rester digne...mais une fois son enfant couché, elle s'était laissée allée aux sanglots contenus trop longtemps dans sa gorge. Je voyais bien que ce n'était pas libérateur...Ce qui l'aurait soulagée, la p'tite Nine, c'est de savoir pourquoi elle n'était plus appétissante. Comment elle l'avait repu d'un plat d'un seul ...pour faire une indigestion, il y avait forcément une raison. Et l'ignorer, l'envisager, l'imaginer, c'était pire. Qu'est ce que je pouvais bien lui dire pour la consoler, hein? Que les hommes deviennent plus compliqués que les femmes? Que les hommes sont lâches? Et inconséquents? Qu'ils ont peur? Non, impossible, parce que je ne le pense pas.

Alors je lui ai dit de rester telle qu'elle est. Tant pis si sa sincérité effrayait et ne payait pas aujourd'hui. Elle payerait un jour...

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