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Il y a des jours ou tu te lèves, tu te sens moche et  grosse lourde, rien ne va, tu es en boucle (notes que le champ lexical du cheveu est respecté): errance de pièces en miroirs, de miroirs en frigo, de frigo en balance etc... la journée s'étire sans que tu puisses entamer quoique ce soit d'autre que des cacahouètes des choses grasses et salées/sucrées. La culpabilité s'accumule comme les kilos, te plombes un peu plus. Le chien qui se mord la queue.

Pour rompre ce cercle infernal, ton nain conscient te prends à l'insue de ton plein gré un rv coiffeur.

Pour te faire faire ce poivre et sel que tu laisses pousser depuis 9 mois, une grossesse capillaire qui n'accouche de rien sauf d'une tête à coiffer  bi-colore à la Varda. Petit détail, la prestation coûte 750euros, somme à laquelle il faut ajouter la coupe à 120 euros, ce qui nous fait ma ptite dame un total de...870 euros.

AH QUAND MÊME! ( compréhension immédiate de l'exigence du devis ).

Le coiffeur est dé-localisé à Paris,  moi en Bretagne,  l'avantage de la distance c'est qu'elle te permets d'éviter l'énoOorme erreur le changement d'avis, souvent femme varie.

Ma décision de re-naître à moi même par la racine n'est pas en cause, mais l'attente est douloureuse et déprimante; je rêve de me réveiller un matin comme Fonelle.En revanche, ma culpabilité de mère me rappelle qu'avec ce budget je pourrai  faire un voyage avec Malabar-Princesse, et ça n'a pas de prix, enfin si justement.

Bref.

Les additions des couleurs non effectuées depuis 9 mois+celles que je ne feraient plus jamais me permettraient de me laisser aller à cette dépense. Le moral bien être procuré par l'uniformité de ma couleur, mon intégrité capillaire en somme, fait pencher la balance du coté de la dépense.Et puis... Un sentiment de mal être par rapport à cette dépense s'installe, et ne me quitte plus. Un truc au départ indéfinissable, sans réel rapport avec la dépense; non, car c'est un sentiment d'imposture ou de tricherie. 

J'ai décidé cette re-naissance.Décision radicale, socialement pénible à assumer " han...mais tu vas faire vieille, sale, moche, négligée...nan mais tu es sure?...sure sure?.../..." et j'en passe. C'est long. Très long. Mais ça fait partie du truc. Pas comme une pénitence. Non, plutôt comme une lente maturation, douce et tendre. BIENVEILLANTE.

Par conséquent, si je fais effectuer ce long travail par un coiffeur en 1 journée, c'est tricher! Tu vois?

Il m'a fallu 2 semaines pour le comprendre, et ce matin j'ai officiellement annulé le rendez vous chez Coloré par Totof*

Je suis allée me faire massacrer couper les cheveux près de chez moi, pour 30 euros. Comme d'habitude, je me suis shampouinée les cheveux en rentrant, puis j'ai rectifié aux ciseaux by myself. Brushing perso. Et j'ai réservé un petit séjour Malouin pour Malabar-Princesse et moi, ou je pourrai lui faire plaisir en ne regardant pas trop  à la dépense. On se fabriquera des souvenirs. On dormira toutes les deux. Je lui ferai des grattes-grattes dans le dos. 

Je sais que j'ai pris la bonne décision. Celle qui permet de rester en accord avec soi-même, ses valeurs, et qui accessoirement va me permettre de supporter tous ceux et celles qui me regardent droit dans les racines quand ils me parlent.

 

 

*tu te doutes que le nom a été changé, salon magnifique, personnel aux petits soins.